Aussitôt s'avancèrent, plutôtglissant que marchant, et sans que le bruit de leurs pas éveillât le moindre écho dans la salle, les gentilshommes de la chambre qui prirent le corps et quile portèrent dans le caveau des Bourbons, resté seul ouvert, tandis que tous les autres étaient refermés. Alors, le roi d'armes y descendit, et, lorsqu'il yfut descendu, il cria aux autres hérauts d'avoir à y venir faire leur office, Le roi d'armes et les hérauts étaient au nombre de cinq. Du fond du caveau, leroi d'armes appela le premier héraut, qui descendit, portant les éperons . puis le second, qui descendit, portant les gantelets . puis le troisième, quidescendit, portant l'écu . puis le quatrième, qui descendit, portant l'armet timbre, puis le cinquième, qui descendit, portant la cotte d'armes. Ensuite, ilappela le premier valet tranchant, qui apporta la bannière, les capitaines des Suisses, des archers de la garde et des deux cents gentilshommes de la maison. polo lacoste femme pas cher le grand écuyer, qui apporta l'épée royale, le premier chambellan, qui apporta la bannière de France, le grand maître, devant lequel tous les maîtresd'hôtel passèrent, jetant leurs bâtons blancs dans le caveau et saluant les trois princes porteurs de la couronne, du sceptre et de la main de justice, aufur et à mesure qu'ils défilaient . les trois princes, qui apportèrent à leur tour sceptre, main de justice et couronne, Alors, le roi d'armes cria à voixhaute et par trois fois . «Le roi est mort . vive le roi ,Le roi est mort . vive le roi ,Le roi est mort . vive le roi ,» Un héraut, qui était resté dans lechoeur, répéta le triple cri. Enfin, le grand maître brisa sa baguette en signe que la maison royale était rompue, et que les officiers du roi pouvaient sepourvoir. survetement lacoste, Aussitôt les trompettes retentirent et l'orgue s'éveilla. Puis, tandis que les trompettes sonnaient toujours plus faiblement, tandis IX LESTOMBEAUX DE SAINTDENIS. 91 Page 95 Les mille et un fantomes que l'orgue gémissait de plus en plus bas, les lumières des cierges pâlirent, les corps desassistants s'effacèrent, et, au dernier gémissement de l'orgue, au dernier son de la trompette, tout disparut. Le lendemain, le gardien, tout en larmes,raconta l'enterrement royal qu'il avait vu, et auquel, lui, pauvre homme, assistait seul, prédisant que ces tombeaux mutilés seraient remis en place, etque, malgré les décrets de la Convention et l'oeuvre de la guillotine, la France reverrait une nouvelle monarchie et SaintDenis de nouveaux rois. Cetteprédiction valut la prison et presque l'échafaud au pauvre diable, qui, trente ans plus tard, c'estàdire le 20 septembre 1824, derrière la même colonne oùil avait eu sa vision, me disait, en me tirant par la basque de mon habit . Eh bien , monsieur Lenoir, quand je vous disais que nos pauvres roisreviendraient un jour à SaintDenis, m'étaisje trompe, En effet, ce jourlà on enterrait Louis XVIII avec le même cérémonial que le gardien des tombeaux avaitvu pratiquer trente ans auparavant. Expliquez cellelà, docteur.